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La communication interculturelle

La communication interculturelle

 

Humboldt (1956) prend pour hypothèse qu’il faudrait pouvoir parler la langue d’un autre peuple pour pouvoir en connaître le mode de pensée ; elle va de pair avec l’hypothèse qui voit dans la compréhension de soi les limites des possibilités de compréhension de l’autre.

Pour présenter un modèle simple permettant de comprendre le processus de communication, voici le suivant :

 

Ce schéma peut être interprété de la manière suivante :
model_de_communication_interculturelle

  • Un émetteur fournit une information à un récepteur.
  • Il doit la coder, par exemple, la transformer en langage.
  • L’apparition de malentendus entre émetteur et récepteur dépend de la manière de décoder du récepteur ; si elle est plus ou moins identique au travail de codage de l’émetteur.
  • Ce dernier fournit son information à des fins de communication, son information, autrement dit, résulte de son intention de communiquer un message.

 

Une première discordance peut donc se produire entre l’intention communicationnelle et l’information. C’est là un exemple fréquent de la vie quotidienne, lorsque les personnes donnent l’impression de ne pas réussir à trouver des formules adéquates pour communiquer leur message.

 

On trouve dans les cultures, des traditions qui déterminent la manière de transformer les messages en information. Les chercheurs en ethnométhodologie ont étudié ce phénomène. Ainsi, Adato (1976) a présenté une étude comparée des manières de prendre congé dans diverses cultures avec les variantes d’une culture à une autre. L’information varie dans chaque cas. Au niveau du codage et du décodage, ces différences auraient une importance capitale parce qu’elles pèseraient fortement sur la compréhension mutuelle (cf. Luhmann 1986).

 

 

Les discordances évoquées entre une entreprise française et un fournisseur tunisien pourraient être abordées et analysées dans le cadre d’un modèle de ce type, car il est susceptible de fournir une explication plausible de leur genèse. Mais on court le risque de s’arrêter trop vite à cette analyse, en croyant pouvoir se satisfaire du résultat obtenu.

 

En poussant plus loin cette analyse, il s’avère qu’à elles seules les connaissances linguistiques ne suffisent pas ; les malentendus ne peuvent être réduits qu’en prenant en compte aussi le contexte communicationnel. En elle-même, une langue ne peut y donner accès, elle se situe également au sein d’un contexte, qui peut, lui aussi, être différemment compris par l’émetteur et le récepteur. Les processus de communication sont déterminés par les schémas cognitifs de ceux qui y prennent part. Ces schémas diffèrent d’une culture à l’autre (cf. Knapp 1995, p. 11 sq.).

 

Ainsi, des différences apparaissent quant à la gestion du temps. Des participants français qui se tiennent strictement à l’heure officielle de l’ouverture des travaux peuvent s’exposer à un délai d’attente plus long que prévu. Les Tunisiens, de leur côté, prennent la ponctualité des Français comme une vertu secondaire plutôt que comme un signe de leur intérêt, ce qu’elle signifie pour les Français. On pourrait continuer à développer ces observations. Mais même dans leur brièveté, elles permettent déjà de laisser entrevoir des éléments du contexte (inter)culturel.

 

Un autre élément essentiel, ce sont l’estime et l’attention que les Français cherchent à symboliser par une présence ininterrompue et une attention constamment affichée. Quant aux Tunisiens, malgré de fréquentes absences possibles, ils peuvent, d’une autre manière, manifester leur estime par des signes particulièrement chaleureux. Qui n’est pas préparé à vivre de telles différences sera facilement victime de malentendus.

 

Il faut donc penser la communication interculturelle comme un processus complexe : le message, l’information et la compréhension y sont des aspects d’un réseau tissé d’interdépendances.

 

D’une culture à l’autre il existe de surcroît, des différences quant à la manière de se comprendre et de communiquer. D’où des pré-supposés différents sur les éléments nécessaires d’une information pour que celle-ci puisse être décodée et comprise par le récepteur dans le sens du message émis.

 

Deux aspects essentiels distinguent les messages des informations :

 

  • ils procèdent d’une intention,
  • ils sont fortement redondants dans la mesure où ils incluent des références au contexte.

 

Un message sera plus ou moins compris à proportion des redondances qu’il véhicule ou de celles présentes dans le contexte. Trop riche en informations (autrement dit, trop d’éléments nouveaux pour le récepteur) il restera inintelligible ou son décodage exigerait un investissement excessif, semblable à celui nécessaire pour déchiffrer des langues étrangères.

Pour l’information concrète, cela signifie qu’il faut s’attacher avant tout à établir le contexte. L’information elle-même peut alors se présenter sous une forme très brève : en règle générale, il y a une proportion élevée de redondances implicites données par le contexte.

 

Dans un contexte interculturel, d’autres différences se font jour aussi, dont il n’est pas permis de sousestimer la portée, comme :

 

  • la hiérarchie / le partage du pouvoir,
  • le rapport au temps,
  • le rapport à l’espace (proxémie) et la communication non verbale,
  • les aspects matériels/cadeaux,
  • la langue.

 

Classification qui montre le degré de complexité des phénomènes de l’interculturalité.

 

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